La montée des eaux est en train d’engloutir les littoraux du Sénégal…

Mauvaise Haleine

Alors que plus de la moitié de la population sénégalaise vit sur les côtes, celles-ci sont aujourd’hui grandement menacées par la montée des eaux et l’érosion des littoraux. Chaque année, les mers gagnent quelques mètres sur les terres : les constructions s’effondrent, les arbres tombent, les sols sont moins fertiles… Mais plus que tout, c’est à l’indifférence généralisée que doivent faire face les populations.

Alors que les études sur le réchauffement climatique et la montée des eaux se multiplient, que les discours catastrophistes ne cessent de gagner en intensité et que la prise de conscience se généralise, il est rare que nous soyons directement confrontés à l’imminence du danger. Loin de voir les conséquences du réchauffement climatique comme une triste fable, les Sénégalais quant à eux sont chaque jour confrontés à leur réalité.

En 2015, la NASA estimait que le niveau marin gagnerait au moins 90 cm d’ici 2100, du fait de la dilatation de l’eau et de la fonte des glaciers. Avec ses 700 km de littoraux essentiellement sableux qui accueillent plus de la moitié de la population et 85% des infrastructures hôtelières destinées au tourisme, la montée du niveau de la mer est en train de submerger lentement mais sûrement les côtes sénégalaises.

Malheureusement, les exemples démontrant l’effet de la montée des eaux sur les terres sénégalaises ne manquent pas.  D’après une étude faite par la mairie de la commune de Rufisque, près d’un mètre de terre est englouti chaque année par la mer. En moyenne, les eaux marines grignotent 1,30 m par année dans certains endroits, et 0,7 m dans d’autres sites. On estime même que Dakar pourrait perdre 54% de ses plages d’ici 2100 si rien n’est fait.

Dans son reportage « Sénégal : une île à la dérive », Arte nous plonge au cœur du désarroi de 400 âmes, victimes directes mais oubliées du réchauffement climatique. A l’embouchure du fleuve Casamance, au sud du Sénégal, se trouve la petite île de Casamance. Ancien comptoir colonial français et véritable site paradisiaque à la végétation luxuriante, l’île est aujourd’hui menacée par la montée des eaux qui érode les littoraux, submerge les terres et menace la fertilité du sol.

En effet, la mangrove, dernier rempart naturel contre l’érosion est en train de faiblir et les installations de fortune mises en place par la population pour protéger les constructions des vagues destructrices sont loin d’être suffisantes. L’école, qui a dû être évacuée face à la menace d’effondrement, est devenue le symbole emblématique de l’ampleur du phénomène. Aux destructions s’ajoute la salinisation des nappes phréatiques provoquée par la pénétration de l’océan au cœur des terres, qui rend les sols moins fertiles et les récoltes beaucoup moins fructueuses.

Pour les habitants de l’île, on peut accuser les pouvoirs publics et les partenaires de développement de non-assistance à populations en danger. Beaucoup d’études sont réalisées mais aucune action concrète n’a été mise en place pour aider la population à s’adapter. Pourtant des solutions existent, l’un des moyens les plus simples serait notamment de restaurer les forêts sur le littoral ou d’arrêter le prélèvement du sable, ou encore de créer des aires marines protégées. Autant de solutions peu onéreuses pour lesquelles se bat Haïdar El Ali, ancien ministre de l’Environnement. Selon lui :
« L’environnement c’est une espèce de showbiz tout le monde en parle mais personne ne fait rien »

Sans action concrète et immédiate, le Sénégal va devoir faire face à une véritable crise humanitaire. Il est peut-être temps d’arrêter de multiplier les études et de se mettre pour de bon à agir.

Source

Laisser un commentaire

Le portail ecolo et bio