La sécurité routière et le racket

Mauvaise Haleine

Une réalité scandaleuse
Il devient chaque jour plus évident que l’amélioration de la sécurité routière sert de prétexte à un racket qui ne veut pas dire son nom.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder à quoi sert parfois l’argent extorqué. Pour ne citer qu’un exemple, on aimerait savoir pourquoi 50 millions d’euros peuvent être affectés à “l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances”, plutôt qu’à l’amélioration des conditions d’obtention du permis de conduire ou la suppression des passages à niveau dangereux ?

Le refrain de l’amélioration de la sécurité routière ne peut plus masquer des motivations beaucoup moins nobles.

Comme les critiques et les desidérata concernant le comportement des Pouvoirs publics ne font pas avancer les choses, nous allons proposer dans l’étude qui suit quelques solutions concrètes permettant d’améliorer réellement la sécurité routière.
Nous verrons notamment comment il est possible de limiter un type de racket particulièrement scandaleux : celui relatif aux excès de vitesse.

Le problème posé par les poids lourds.

Il suffit d’écouter les informations pour constater que chaque jour les poids lourds sont impliqués dans des accidents graves, voire gravissimes. Pour se faire une opinion précise, il serait intéressant de connaître le nombre de morts et d’handicapés qui en résultent.

La bonne question à poser ici est la suivante : quelles sont les causes de ces accidents à répétition ?
Pour avoir des éléments de réponse, il suffit de suivre des poids lourds sur une route importante et d’observer leur comportement, en particulier lorsqu’ils doublent un autre poids lourd. La route des Landes (la RN 10), par exemple, constitue un terrain d’observation idéal du fait que toutes les nationalités s’y côtoient.

C’est ainsi qu’on constate, lors d »une opération de “doublage”, que le “doublé” semble très souvent mettre un point d’honneur à ne pas se laisser doubler. L’opération s’effectue donc centimètre par centimètre et nécessite parfois plusieurs kilomètres. Lorsqu’elle se termine enfin, le “doubleur” doit se rabattre et c’est là que réside le principal danger. Beaucoup de poids lourds, notamment les semi-remorques, oscillent alors de manière dangereuse. S’il y a du vent, cela aggrave encore les risques d’accrochage et de renversement.

Pourquoi ne pas faire voter une loi, assortie d’une contravention conséquente, pour obliger le conducteur “doublé” à lever le pied pour faciliter le “doublage”, qui aura lieu de toute manière ? “L’Honneur” (parfois national), du conducteur doublé étant sauf, on peut espérer que cette opération s’effectuerait alors sur le mode de : “mais passez donc, je vous en prie” !

Cela aurait en outre le gros avantage d’éviter que certains automobilistes, excédés, en arrivent à prendre le risque insensé de doubler en catastrophe le poids lourd qui les précède avant que celui-ci ne commence à déboîter.
On peut se demander pourquoi cette mesure de simple bon sens n’a jamais été prise. Combien de morts et d’handicapés à vie auraient ainsi été évités ?

Le problème des “motards”.

Dans certains hôpitaux, le spectacle des ex-motards, qui ne circulent plus qu’en fauteuil roulant, est particulièrement éloquent. Il est notoire que, dans cette catégorie, le pourcentage d’accidentés est très supérieur à la moyenne.

Il est de fait que, lorsqu’on circule sur une rocade ou une autoroute, à la limite “extrême” de la vitesse autorisée, on ne double quasiment jamais un motard. Par contre, ceux-ci vous dépassent sans état d’âme à des vitesses très largement supérieures. Certains ne se gênent pas pour faire du slalom entre les files de véhicules et s’énervent même manifestement si on tarde à s’écarter pour leur faciliter le passage !

Les autorités ferment visiblement les yeux sur ce type d’infraction systématique, générateur d’accidents souvent très graves, et préfèrent “piéger” les automobilistes à 2 heures du matin, à la sortie d’un village endormi, parce qu’ils ont dépassé trop tôt les 50 km/h.

Le problème des conducteurs “dangereux”.

Il existe une catégorie de conducteurs potentiellement dangereux, qui provoquent des accidents à répétition, et qui ne peuvent être verbalisés du simple fait que la police n’est pas là au moment de l’accident.

Pourquoi ne pas faire une loi pour obliger les assureurs à signaler les responsables de certains types d’accidents (les refus de priorité par exemple) et d’accidents à répétition, ce qui permettrait de prendre des sanctions, voire de supprimer leur permis de conduire, avant qu’ils n’aient provoqué un accident grave ?

Ce serait certainement plus intelligent et plus utile que d’enlever leur permis à d’excellents conducteurs qui n’ont jamais d’accident et dont le seul le tort est d’être obligés de parcourir des dizaines de milliers de kilomètres pour gagner leur vie, ce qui les expose à tomber de temps à autre dans un “piège à touristes”.

À noter une mesure parfaitement stupide, le fait d’enlever des points pour avoir omis de mettre une ceinture de sécurité. Ce manque n’a jamais causé le moindre accident ; le contraire n’est pas certain ! La meilleure preuve, c’est que les conducteurs qui sont dispensés du port de la ceinture n’ont pas plus d’accidents que les autres.

La seule sanction logique consisterait à prévoir une contravention dont le montant serait versé à la sécurité sociale.

Le problème des limitations de vitesse.

Notre réseau routier souffre d’une anomalie flagrante : la présence de nombreux endroits où l’on est incapable de savoir exactement quelle est la limitation de vitesse. On peut d’ailleurs se demander si cette absence de précision n’est pas parfois délibérée et si l’objectif réel n’est pas de constituer des “pièges à touristes” à rentabilité élevée. À l’appui de cette supposition (pas gratuite), on constate que souvent, comme par hasard, la police est là en “embuscade”, alors que les lieux ne présentent pas de dangers particuliers !

Pourquoi de pas mettre des plots de couleurs différentes, en particulier sur les bandes de séparation ou d’arrêt d’urgence, pour indiquer très précisément quelle est la limite à respecter ? Cela pallierait le manque de visibilité de certains panneaux, parfois perdus dans la végétation ou rendus invisibles lors d’un dépassement ou d’intempéries.
Pourquoi, par exemple, ne pas mettre des plots rouges pour 110 km/h, oranges pour 90 et bleus pour 70, sachant qu’en leur absence, la vitesse serait automatiquement limitée à 50 ?

Cela aurait au moins le mérite d’être clair et visible pour tout le monde, quelles que soient les circonstances.

En guise de conclusion

À partir du moment où les Pouvoirs publics s’avèrent incapables de résoudre le problème de la Sécurité routière de manière honnête et efficace, mais dérapent de plus en plus dans le sens du racket, le mieux est que les usagers proposent des solutions concrètes et exigent leur prise en compte.

Pourquoi le maire de certaines communes particulièrement vulnérables ne mettrait-il pas d’office des plots de couleur sur le territoire dont il a la responsabilité au même titre que des ralentisseurs ?. Cela pourrait servir d’exemple et inciter à l’imiter.

Pour évaluer l’intérêt de cette ligne de conduite, il serait peut-être intéressant de faire un sondage en partant du principe que : C’est à nous, les conducteurs, qu’appartient le droit de proposer et, au besoin, d’exiger des mesures qui privilégient réellement la sécurité routière et permettent de lutter contre le racket actuel

J.Jérémie

 

Laisser un commentaire

Le portail ecolo et bio