Grenoble, la ville qui a déraciné la pub pour planter des arbres !

Mauvaise Haleine

Depuis l’élection du maire Eric Piolle (EELV) en 2014, la ville de Grenoble est devenue la première grande ville d’Europe « zéro pub » ! Trois ans plus tard, la capitale de l’Isère semble respirer davantage, même si cette belle initiative n’a pas toujours été acclamée.

Cela faisait partie de ses promesses de campagne, le maire écologiste de la ville de Grenoble élu en novembre 2014 a décidé de ne pas renouveler son contrat avec JCDecaux pour faire de sa ville la première grande municipalité sans pub d’Europe. L’objectif déclaré était de prémunir les enfants contre l’affichage publicitaire agressif, et à plus forte raison de mettre un terme à cette pollution visuelle omniprésente.

En quatre mois, 326 panneaux publicitaires ont été retirés de l’espace public dont 227 « sucettes », 20 colonnes et 64 grands panneaux de 8 m2. Seuls les espaces publicitaires des abribus n’ont pas encore disparu puisque le contrat prend fin en 2019.

Pour remplacer ces 2 051m2 désormais libres, la mairie grenobloise a choisi d’en remplacer une partie par des arbres et l’autre par de nouvelles installations destinées à l’affichage libre, culturel et municipal.

Les opposants à cette mesure avaient fait valoir que la mairie se privait alors d’un budget de près de 600 000 euros, un montant remis en cause par le maire qui soulignait :

« En raison de l’effondrement des recettes publicitaires traditionnelles, avec la concurrence notamment d’Internet, la redevance à laquelle on pouvait s’attendre, en cas de nouveau contrat, n’était que de 150 000 euros et non plus de 600 000 euros comme c’était le cas entre 2004 et 2014. »

Si certains des habitants, interrogés par franceinfo, se disaient satisfaits par cette mesure, à l’image d’Eric, un commerçant installé sur la place André Malraux, qui déclarait :

« C’est une démarche courageuse de la mairie. Remplacer la publicité par de la verdure, ce n’est pas désagréable. Les petits pas d’aujourd’hui font les grandes avancées de demain : cette idée va peut-être essaimer dans d’autres agglomérations »

D’autres à l’inverse restaient indifférents voire sceptiques face à cette initiative. Ainsi, certains regrettaient de ne plus pouvoir « afficher les événements », ou encore estimaient que « l’affichage c’est du business, de la consommation. Si vous n’avez plus ça, la ville meurt. »

Pourtant, loin de couper les habitants de toute information concernant les activités commerçantes ou culturelles liées à la ville, la mairie propose à l’inverse d’offrir des emplacements publicitaires libres et gratuits spécialement destinés à la vie de la municipalité !

Cette initiative n’est pas sans rappeler l’ambition de la start-up bordelaise Oboem qui veut remplacer les panneaux publicitaires par des œuvres d’art, comme l’a d’ailleurs déjà expérimenté la ville de Montpellier pendant une semaine.

 

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